LA FETE MEDIEVALE DE PONT-CROIX
Pont-Croix, 1800 habitants, petite cité de caractère est bâtie sur le flanc sud d’une colline dominant la vallée du Goyen au fond de l’une des dernières rias sauvages de Bretagne. Son histoire remonte à la nuit des temps. Ici, comme partout ailleurs au cours des siècles, l’activité humaine a laissé son empreinte notamment sur le bâti, et ce depuis le moyen-âge jusqu’à aujourd’hui. Mais si le temps, l’évolution des techniques de construction et des modes de vie ont beaucoup changé, le village, autour de sa Collégiale N-D de Roscudon, modèle d’architecture religieuse dont s’inspireront nombre de bâtisseurs de l’époque et connu sous le nom « d’Ecole de Pont-Croix », a su garder la configuration mais aussi beaucoup du caractère d’une cité médiévale.
L’idée d’organiser ce type de fête est née d’un petit groupe de médiévistes, d’amoureux de Pont-Croix et de gens décidés à animer la ville en dehors de la saison touristique. Au cours de l’année 2002, constitués en association, ils préparent et organisent la première fête, celle de Pâques 2003. Ce fut une réussite totale, de même que la suivante, celle de 2005 organisée cette fois par l’Office de Tourisme dont une nouvelle association, le Comité pour la Fête Médiévale, prendra le relais.
L’édition 2007 s’est déroulée sur deux jours. Si on totalise les prestations gratuites du samedi, le repas médiéval, les entrées payantes du dimanche, les troupes et exposants, sans oublier les bénévoles, on peut évaluer à 7000 le nombre de personnes drainées à Pont–Croix pendant le week-end pascal. Tous ceux qui ont eu la chance d’y participer se souviennent encore des Vikings remontant le Goyen depuis Audierne, tout comme de l’envoûtant spectacle de feu des occitans de Medio Evo ou de la mémorable déambulation d’êtres d’une diabolique beauté issue de l’imagination fertile des artistes de Tal’Harn.
L’édition 2009 connaîtra le même succès, marqué cette fois par l’éblouissant et spectaculaire tournoi du groupe Ares sur les rives du Goyen.
Cette fête présente de multiples intérêts : organisée à Pâques, elle permet d’amener un grand nombre de visiteurs dans une région surtout connue des estivants, de leur faire apprécier hors saison ses paysages et les différents aspects de sa vie culturelle, d’autant plus qu’elle est la seule grande manifestation du sud de la Cornouaille à cette époque de l’année. Par son aspect festif, culturel et pédagogique, elle est à même de satisfaire un public de tous âges et de goûts différents.
Les spectacles ont pour but de mettre en scène la vie villageoise d’une époque souvent perçue violente et obscurantiste, mais aujourd’hui réhabilitée par les historiens pour ce qu’elle a apporté à l’évolution de l’humanité dans de nombreux domaines. Ils sont assurés par des troupes d’artistes dont la renommée dépasse largement nos frontières. Des exposants, pour beaucoup costumés, créent et vendent sur place, dans leurs échoppes, toutes sortes de produits tout en rendant à la cité son animation ses couleurs, ses odeurs et ses bruits.
Cette manifestation festive est également d’un grand intérêt culturel, puisqu’à chaque fois une conférence, une exposition concernant la vie au moyen âge ou un concert de musique médiévale, sont proposés aux festivaliers. La participation des écoles de la commune, primaire et collège, s’est traduite jusqu’à présent par une exposition de travaux d’élèves effectués pendant l’année scolaire.
Insistons sur son caractère réellement « festif », au sens propre du terme, puisqu’elle contribue à rapprocher les gens du village et des environs qui y participent de manière active, par exemple à travers la confection de costumes ou l’organisation de la fête proprement dite.